02/03/2014

Ecrire

Maintenant que je n'ai plus d'appareil photo, je ne peux plus partager mes peintures avec vous sur internet. Il me reste l'écriture. Mes carnets sont pleins de poèmes.

La nuit dernière, un petit bébé H'Mong est né dans la maison voisine, Mầy a coupé le cordon ombilical. Ici, le prénom des nourrissons est choisi par le grand-père, mais comme ce dernier ne rentre pas avant deux semaines, bébé restera sans nom jusqu'à son arrivée. C'est étrange un enfant sans nom.


Mon ami La m'a fait cadeau d'une machette, pour cuisiner, couper du bois, elle est très grande environs 40 cm, dans son étui en bois que je noue autour de la taille à l'aide d'un lacet. Cet objet est très vieux, le manche poli depuis des années est tout lisse, la lame entaillée de petits coups. De mon côté, j'ai fini la couverture en laine que je préparais pour son fils Xấy, j'ai tricoté pendant trois mois. Ici, on ne remercie pas mais on joue avec les cadeaux : Mầy faisait de ma couverture une coiffe Dao, un chapeau sur la tête, on a bien ri , tout le monde y est passé.


A Sa Pa, le printemps est là, enfin, comme un cadeau très précieux. Je mange des mangues, je bois du café froid délicieux, les H'Mongs commencent à travailler aux champs ; bientôt on plantera le maïs. Pour le moment, on retourne la terre, on asticote les vers de terre, les buffles se réchauffent car beaucoup d'entre eux sont morts avec le froid. Mon vietnamien progresse très vite, c'est une langue passionnante, drôle, logique. En comparaison, la nôtre est extrêmement compliquée. 


Mes poignets se remplissent de bijoux, chaque bracelet raconte une histoire, un moment inoubliable. J'en fabrique aussi et les offre autour de moi, des petites nattes de fils de toutes les couleurs, comme de nombreux petits arcs-en-ciels. Le monde est un élément d'échanges, de rires, de larmes, de joies et de peines.
En aucun cas je ne pourrais être plus heureuse que dans ce moment présent, et ce, malgré les difficultés.
Car il y aussi de longues heures de tristesse bien sûr. Comme chacun d'entre nous.


Ne plus avoir de photographies, c'est habiter réellement un endroit, le mémoriser, en savourer intensément les paysages, les gens, les odeurs. Les yeux oublieront tout cela mais sûrement pas les sens.

En langage H'Mong, pour dire chaud on dit : "cucu" !


Un grand merci à ceux qui me suivent !

2 commentaires:

  1. Tes nouvelles font "cucu" au cœur!

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  2. Ca fait du bien d'avoir de tes nouvelles et Bernard m'a devancée ; Ca fait vraiment chaud "Cucu comme tu le dis" au cœur de te sentir épanouie, heureuse. Outre tes sens , ta mémoire, tu auras aussi tous tes jolis dessins et tes petits carnets pour revivre ces beaux moments quand tu seras de retour parmi nous. Aujourd'hui il semblerait que le soleil veuille se faire un peu plus présent sur Paris, ca fait du bien d'avoir un peu de luminosité. Bises et profite bien des semaines à venir. Patricia

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